« Pousse avec ton pain… Ne mets pas tes coudes sur la table… Laisses-en pour les autres, tu n’es pas tout seul… »
Combien de générations d’enfants ont entendu avec résignation leurs parents ressasser ces commandements ? jusqu’à ce qu’eux même prennent le relais avec leurs propres enfants.
Il n’est jamais trop tôt pour apprendre les bonnes « manières de table ». Plus tard, certains apprendront à utiliser habilement couverts et ustensiles sophistiqués, pour aborder « à l’aise » la dégustation de n’importe quel menu. D’autres, moins nombreux, maîtriseront facilement les règles complexes du protocole (aujourd’hui un peu dépassé…) des « grands dîners » et autres réceptions officielles.
Mais, là n’est pas le plus important. Vos voisins de table ne vous en voudront pas (où alors, ils ne méritent pas qu’on s’intéresse à eux !) d’éprouver quelques difficultés à décortiquer les langoustines. En revanche, ils ne vous pardonneront pas, à juste titre, de vous conduire comme s’ils n’existaient pas. Là, comme ailleurs, pour ceux qui reçoivent, comme pour ceux qui sont invités, l’attention aux autres est la clé d’or des bonnes manières, et une condition « sine qua non » pour profiter au maximum des plaisirs de la table « à la française ».
Du côté des Amphytrions
Du côté des hôtes
Ceux qui reçoivent
Aujourd’hui, vous recevez à votre table. Déjeuner de famille, repas-copains, ou dîner raffiné, c’est dès l’accueil que doit se créer l’atmosphère qui va faire de cette réunion un moment heureux, et peut-être un souvenir mémorable !
Cela commence par la table. Elle est prête. Le couvert est mis, complètement, y compris les accessoires, dessous de plat, de verres, salières, corbeilles. Les serviettes sont pliées, les fleurs dans leur vase ou leur coupelles, et les bougies (s’il y en a) allumées. Mieux vaut avoir un peu de retard dans la préparation du repas et faire patienter devant l’apéritif, que de devoir compléter la table au dernier moment. C’est à l’hôtesse d’accueillir tout le monde à table, de désigner à chacun sa place, de s’asseoir la première, de déplier sa serviette, et d’inviter chacun à se servir, ou à entamer une assiette déjà servie (consommé, potage, hors-d’oeuvre …), quitte à s’éclipser après quelques minutes pour assurer la suite, si elle n’a pas d’aide de service. Pas question, donc, même avec des intimes de hurler depuis la cuisine « installez vous et commencez sans moi »… Cela met tout le monde mal à l’aise.
Ceux qui sont reçus
Vous êtes arrivé à l’heure… C’est la moindre des politesses. Vous avez salué chaleureusement vos hôtes, en les assurant de votre plaisir d’être là, chez eux aujourd’hui, puis les autres invités, avec une bise pour les intimes, un mot gentil pour ceux que vous connaissez déjà, pour les amis de vos amis ( « j’ai tellement entendu parler de vous… »), et un grand sourire pour les autres…
Après l’apéritif, on vous invite à passer à table. Quel que soit le style de la réunion, vous attendrez que votre hôtesse vous précède, qu’elle vous indique votre place, et qu’elle s’asseye la première. Puis, vous attendrez encore que tout le monde soit assis avant de déplier votre serviette. Même si vous en mourez d’envie, vous ne vous précipiterez ni sur le pain, ni sur le beurre, ni sur votre verre de vin avant les hors- d’oeuvre ou le premier plat … que vous n’entamerez pas avant que tous les convives soient servis et que la maîtresse de maison, toujours elle (ou l’hôte, s’il reçoit en célibataire), ai commencé.
Ceux qui reçoivent
Vous vous êtes donné du mal, vos invités le reconnaissent et vous complimentent pour le résultat, délectable. Souriez largement, remerciez… Et réjouissez-vous intérieurement ! Inutile d’exposer longuement toutes les difficultés que avez dû surmonter pour arriver à cette réussite parfaite… Ou de détailler vos précieuses recettes, sauf si on vous le demande expressément.
Ceux qui sont reçus
Jadis, il était de bon ton de ne pas parler de la qualité de ce qu’on avait dans l’assiette… Aujourd’hui c’est très exactement le contraire. Il ne faut pas hésiter à féliciter ses hôtes pour le décor de la table, pour la qualité de la cuisine, pour le choix des vins… Rien n’est plus déprimant quand on s’est donné du mal pour préparer un bon repas, que de voir ses invités l’engloutir, sans paraître s’en apercevoir, ni daigner interrompre leur conversation pour exprimer leur plaisir… De quoi se jurer pour la prochaine fois, d’offrir des raviolis dans leur boite !
Ceux qui reçoivent
Aujourd’hui comme hier, la conversation est l’un des arts premiers du plaisir de recevoir. Autour d’une table, c’est ce qui décide de la différence entre » le dîner ? Oui, c’était bien… », et » Quel dîner ! C’était génial ! « .
Si vous recevez, vous n’êtes pas la vedette, mais vous êtes le chef d’orchestre. A vous de lancer la conversation, de la relancer si elle faiblit. A vous d’encourager habilement les timides, de désamorcer discrètement la « crise » politique qui s’annonce, de lancer le sujet qui permettra au spécialiste de briller de tous ses feux… et de trouver la diversion qui le fera taire s’il est trop long ! A vous de faire oublier l’effet négatif d’une gaffe, de permettre au gaffeur de sauver la face, et de relancer la conversation générale avec un « sujet bateau » choisi dans l’actualité, comme la météo, les prochaines vacances, ou les nouvelles tendances de la Mode … Pour réussir, le secret est double, s’intéresser sincèrement aux autres, à ce qu’ils sont, à ce qui les mettra en valeur, et surtout savoir écouter.
Ceux qui sont reçus
A table, la conversation est un art qui obéît à quelques règles de savoir-vivre élémentaire, faciles à observer mais impératives Partagez également votre attention et vos entre vos voisins (es) de droite et de gauche, et échangez quelques propos avec eux, même si ni l’un ni l’autre ne présentent à vos yeux le moindre intérêt. Ne vous focalisez pas sur les propos qui s’échangent à l’autre bout de la table, même s’ils vous concernent au premier chef, alors que votre voisin de droite est en plein milieu d’un exposé passionnant sur la paysannerie chypriote au 18ème siècle. Ne faites pas semblant de ne pas entendre les questions timides de votre voisine de gauche, sous prétexte que vous les trouvez… Disons naïves ! Et surtout n’ayez pas en permanence l’air excédé de celui (ou celle) qui à tout vu, tout entendu (et tellement mieux..) et qui s’ennuie à mourir! Si c’est vraiment le cas, il fallait vous méfier, et ne pas accepter l’invitation !
Enfin, si vous avez, malgré vos précautions commis une gaffe… N’insistez pas, et n’essayez surtout pas de la réparer, (si vos hôtes ne l’ont pas fait avant vous), et détournez la conversation sur un sujet sans danger : le merveilleux plat qui vient d’être servi, ou le vin remarquable qu’on déguste !
Ceux qui reçoivent
Vous recevez des amis, soyez tout(e) à ce plaisir, et ne laissez pas le téléphone, ce tyran, le gâcher. Sauf en cas (rare) d’urgence absolue (maladie d’un proche, ou autre raison grave), réduisez les appareils au silence. Eteignez votre mobile. Réglez au plus bas la sonnerie du fixe, installez le dans une autre pièce, et laissez le répondeur faire son office.
Il existe (ils sont nombreux) des » intoxiqués du mobile » qui ne peuvent le laisser au repos, même le temps d’un repas. Si c’est le cas d’un ou d’une proche, faites lui comprendre en le taquinant gentiment que cela n’est pas très agréable. S’il ne s’agit pas d’un proche, supportez en silence, et…ne le réinvitez plus !
Ceux qui sont reçus
Le mobile ? Impossible de s’en passer ! Et pourtant, ce que ça peut être diabolique et exaspérant !… Mais vous l’avez éteint en arrivant chez vos hôtes.
Il peut arriver que vous attendiez une communication importante et urgente (réfléchissez bien, il y en a beaucoup moins qu’on ne le croit). Avertissez ceux qui vous reçoivent et vos voisins de table immédiats. Mettez l’appareil sur vibreur et quittez la table dès la première vibration. Limitez au maximum la durée de votre conversation, puis, éteignez votre téléphone, et oubliez le jusqu’au départ.
Ceux qui reçoivent
Elles sont beaucoup plus répandues qu’on ne le croit. Mieux vaut les connaître pour ne pas faire d’impair et gâcher l’ambiance.
Premier commandement, impératif : éviter à tout prix de se retrouver treize à table. Beaucoup ne le supportent pas.
Puis, pêle-mêle, ne pas poser le pain à l’envers, ni les couverts en croix, éviter de renverser du sel sur la table, ne pas faire circuler la salière de main en main, mais la poser devant celui qui l’a demandée… Il y en a bien d’autres, moins connues.
Le plus important, malgré tout, reste de respecter les croyances et les craintes de vos invités, même si vous-même y êtes absolument insensible, et surtout de ne manifester aucune ironie. Ils ne vous le pardonneraient pas.
Ceux qui sont reçus
Respectez celles des autres, et si vous êtes vous-même très superstitieux (se), soyez le discrètement.
Vous avez renversé la salière sur la table ? Pour éviter les disputes qui vont sûrement en résulter, vous allez en jeter trois pincées avec la main droite par dessus l’épaule gauche… Mais sans bombarder vos voisins !…Vous avez parfaitement le droit de remettre dans le bon sens le pain posé à l’envers, ou de vous tapoter le front avec vos doigts mouillés dans la goutte de champagne renversé … Mais n’exigez pas de votre hôtesse, si vous venez de briser un magnifique verre en cristal, qu’elle se réjouisse avec vous sous prétexte que « le verre blanc ça porte bonheur » !
Ceux qui reçoivent
Une jolie table, c’est d’abord un couvert bien mis. Bien sûr le décor et le style ne seront pas identiques pour un repas sans façons entre amis un déjeuner de fête, ou un grand dîner raffiné. Mais les principes généraux de base restent les mêmes
Les couverts entourent l’assiette plate. Pour plus d’effet, celle ci peut être posée sur une assiette de présentation de grande taille.Le soir, elle peut être surmontée d’une assiette creuse ou d’une tasse à bouillon si consommé ou potage sont au menu.
Les couverts sont disposés, à partir de l’extérieur dans l’ordre de leur utilisation. A droite de l’assiette, le couteau, lame tournée vers elle. A droite du couteau, la cuillère à soupe, pointée vers la nappe. Entre les deux, si besoin est, le couteau à poisson.
A gauche de l’assiette, la fourchette, pointes vers la table, et éventuellement à côté, la fourchette à poisson. Le couvert à dessert, fourchette, couteau et petite cuillère, est placé entre l’assiette et les verres, sauf dans les « grands dîners », où on ne le dispose qu’au moment du dessert.
Si nécessaire au menu, les couverts spéciaux, pince et fourchette à escargots, fourchette à huîtres ou à crustacés, sont disposés dans l’ordre de leur utilisation.
Ceux qui sont reçus
Ils encadrent l’assiette dans l’ordre de leur utilisation (les premiers à l’extérieur). A droite, couteau et cuillère. Sauf si l’on est gaucher, on les tient toujours de la main droite. Lorsqu’on tient le couteau, l’index repose sur la jointure de la lame, sans empiéter sur celle-ci. On ne porte sous aucun prétexte le couteau à la bouche, et on en essuie pas la lame avec du pain. L’usage classique veut que l’on n’utilise pas le couteau pour les oeufs, et le pain. On ne l’utilisait pas non plus pour couper la salade… pour une bonne raison : le vinaigre attaquait le métal des lames, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui grâce à l’acier inoxydable.
La cuillère à potage peut être utilisée à la française, le bout vers la bouche, ou à l’anglaise, le côté vers la bouche… Peu importe, pourvu qu’on déguste discrètement sans bruit, et sans souffler sur le liquide chaud pour le refroidir.
La fourchette se tient dans la main gauche, mais dans la droite si on l’utilise seule sans couteau. Elle se présente toujours aux lèvres, le dos tourné vers la table. On s’en sert, sans couteau, pour manger les légumes. Ceux-ci ne doivent pas être piqués mais ramassés dans le creux.
En cours de repas, les couverts ne doivent jamais être posés sur la table ou sur un morceau de pain. A chaque pause, on les croise dans l’assiette, ou on utilise le porte-couteau s’il y en a un.
Une fois l’assiette terminée, on y dépose les couverts, parallèlement, la pointe de la fourchette tournée vers le centre.
Ceux qui reçoivent
On ne sert jamais l’apéritif à table dans une réception un peu protocolaire. En famille ou entre amis, cela peut se pratiquer agréablement.
Si vous avez prévu un plat unique, ou un menu particulièrement riche, supprimez hors-d’oeuvre et entrées et remplacez les par un apéritif léger, uniquement destiné à « ouvrir l’appétit ». Inutile de proposer tout un choix de boissons. Contentez vous d’offrir soit le vin du repas, soit un vin blanc sec (ou en été un rosé) à transformer éventuellement en Kir, soit du Champagne.
Pour les « sans alcool », proposez une ou deux sortes de jus de fruits, à allonger si l’on veut d’eau pétillante, et pour « grignoter », des crudités en bâtonnets, en cubes ou en bouquets, à tremper dans une sauce légère escortées de quelques petits canapés.
Dans le cas d’un » apéritif dînatoire », le choix des boissons peut être le même que précédemment, (si vous proposez du Champagne, prévoyez en suffisamment pour accompagner tout le repas), mais ce sera exactement l’inverse, en ce qui concerne la partie « solide » qui va constituer l’essentiel du dîner. On mettra alors à disposition, sur la table, canapés variés, charcuteries, crudités, salades, poissons fumés ou coquillages, chacun se servant à son gré…. ce qui ne dispense pas les hôtes de proposer plats et boissons, et de s’assurer que tout le monde est bien servi.
Ceux qui sont reçus
Du temps de la reine Victoria, on donnait ce conseil aux jeunes filles à la veille de leur nuit de noces »… Ferme les yeux et pense à l’Angleterre… » On peut le transposer sans difficultés à l’apéritif… « Ferme les yeux et pense à la suite… » .
En effet, un « apéritif » sympathique peut se révéler un tue l’appétit d’une efficacité redoutable. S’il y a un repas complet derrière, contentez vous d’un verre (surtout s’il est alcoolisé), et d’un grignotage modeste. Optez pour les crudités plutôt que pour les canapés, si tentants soient-ils… Et méfiez vous des charcuteries, des olives, des crackers, et des feuilletés..
La question est tout a fait différente, s’il s’agit d’un apéritif dînatoire (c’est l’autre nom du repas buffet). Les seules interdictions sont de l’ordre du « savoir vivre ». Ne pas se précipiter gloutonnement sur ses canapés préférés avant que les autres aient pu se servir… Ne pas remplir son assiette de caviar en ne laissant aux autres que le pâté de foie (ou le contraire…selon les goûts!)… Ne pas se resservir pour la troisième fois quand certains n’ont pas commencé… Ou à l’inverse, ne pas chipoter interminablement devant une assiette garnie seulement d’une misérable rondelle de saucisson pour faire comprendre à ses hôtes à quel point on n’apprécie pas leur formule !
Ceux qui reçoivent
Pour la table, le service de verre se compose habituellement de verres à eau, à vin rouge, et à vin blanc (classés par taille décroissante), les verres à Bourgogne étant en général plus ventrus que les verres à Bordeaux. Ce sont des verres à pied. Les gobelets sont réservés au quotidien.
On complète éventuellement l’ensemble avec des flûtes ou coupes à champagne, et si l’on prend l’apéritif à table, des verres à porto (plus petits que les verres à vin), à whisky (gobelets larges) et à soda (gobelets hauts).
Ceux qui sont reçus
Traitez les avec précautions et respect, surtout s’il sont en précieux cristal, mais même si c’est du verre ordinaire. Normalement, ils sont disposés devant votre assiette, rangés de gauche à droite par ordre de taille, verre à eau et verre à vin, ou verre à eau, verre à vin rouge et verre à vin blanc, si c’est nécessaire. S’il y a une flûte ou une coupe à champagne, elle est placée soit en « bout de ligne » à droite, soit légèrement en arrière.
On ne boit jamais la bouche pleine, et on s’essuie discrètement les lèvres si nécessaire avant de boire, pour ne pas laisser d’auréole grasse, dégoûtante, sur le verre.
Ceux qui reçoivent
Classiquement le « service des vins » est assuré par un homme. C’est la tâche réservée au maître de maison. Si vous êtes une femme célibataire, vous pouvez demander à l’un des convives que vous connaissez bien, d’assurer ce service à votre place.
On sert les « bons vins » dans leur bouteille d’origine, et les vins plus ordinaires dans une jolie carafe… Mais certains grands crus vieux doivent aussi être décantés « en carafe ». C’est une opération délicate qui exige un savoir-faire certain. Lorsque l’on sert le vin, on tient fermement la bouteille par le corps et non par le goulot, qui ne doit pas toucher le bord du verre. On fait ensuite pivoter la bouteille pour éviter de tacher la nappe avec la dernière goutte. Les colliers anti-goutte à enfiler sur le goulot (il en existe de différents styles) évitent cet inconvénient.
On ne remplit pas un verre à ras bord, mais seulement au deux tiers pour que l’arôme du vin puisse s’épanouir. On ne le laisse pas non plus tristement vide… mais on ne pousse pas à la consommation en complétant sans cesse le verre à moitié plein de quelqu’un qui ne boit pas beaucoup.
En revanche, on peut demander que chacun finisse son verre, avant de servir un nouveau vin.
Ceux qui sont reçus
Sauf une impérieuse raison médicale que vous aurez précisée à l’avance, ne refusez pas d’être servi en vin, même si vous n’en buvez pas habituellement. Il vous suffira de faire semblant d’y goûter, puis vous pourrez vous abstenir. On ne ressert pas un verre qui n’est pas vide et rien ne vous oblige à boire de l’alcool si vous ne le souhaitez pas. Vous soulèverez légèrement votre verre quand on vous servira.
En revanche, si amateur que vous soyez de ce vin délicieux, il est hors de question de vous servir vous-même, ni de tendre votre verre à travers la table. Si vos hôtes ont fait l’effort de vous offrir un grand crû, ou simplement un vin de qualité, ne l’avalez pas comme un verre de soda, prenez la peine de le déguster, et de dire tout le bien que vous en pensez…
Ceux qui reçoivent
A table, c’est une véritable calamité, capable de gâcher irrémédiablement le dîner le plus sympathique… Ce n’est pas une raison pour faire de ses symptômes et désagréments le sujet de conversation central du repas. Un des convives ne peut retenir un éternuement ou pire plusieurs ? Faites comme si rien ne s’était passé, et réservez souhaits et bénédictions à la stricte intimité, famille ou amis très proches.
Ceux qui reçoivent ont l’immense avantage par rapport à leurs invités de pouvoir quitter la table sans avoir à fournir de motif. Profitez-en. Réfugiez vous dans une autre pièce pour vous moucher bruyamment, et laisser exploser une série d’éternuements ou une quinte de toux impossible à maîtriser.
Ceux qui sont reçus
On ne se mouche à table qu’en cas d’absolue nécessité (mieux vaut se moucher que renifler bruyamment !). On essaye de le faire discrètement, le plus naturellement possible, sans accabler ses voisins d’excuses ou de récits misérabilistes et peu ragoûtants.
Tous ceux qui en sont souvent victimes connaissent des « trucs »plus ou moins efficaces pour éviter l’éternuement que l’on sent » monter « , comme bloquer sa respiration, ou se boucher une narine etc… Si on ne parvient pas à se maîtriser, on éternue le plus discrètement possible, la main ou le mouchoir devant la bouche comme lorsqu’on tousse.
Quand on sent venir une série d’éternuements (rhume des foins, crise allergique…), ou une quinte de toux, mieux vaut carrément quitter la table avec un signe de tête explicatif vers l’hôtesse. Au retour, on s’excuse brièvement et on parle d’autre chose !
Ceux qui reçoivent
Si jolies, gaies et pratiques que soient actuellement les serviettes en papier, réservez les au buffet, ou en auxiliaires pour les plats très salissants (fruits de mer… fruits). Sur une jolie table bien décorée, elles ne peuvent pas lutter avec des serviettes en tissu, assorties ou coordonnées à la nappe. Pliées de manière originale et esthétique (Il y a mille façons possibles), épanouies sur l’assiette, ou « en bouquet » dans le verre à eau, elles sont un vrai élément de décor.
Ceux qui sont reçus
Dès que l’on a quitté l’enfance, on ne noue plus sa serviette autour du cou, pas plus qu’on ne la glisse dans son col, sauf peut être pour manger du homard, ou des écrevisses. Sitôt assis à table, on la déplie et on la pose sur les genoux. A la fin du repas, on la repose à côté de l’assiette sans la plier… Sauf si vos hôtes vous ont convié à partager avec eux le repas suivant.
Ceux qui reçoivent
N’insistez jamais pour faire boire quelqu’un, même si vous offrez un grand vin, ou un précieux alcool…
Et abstenez-vous d’épiloguer sur les raisons de son abstinence.
Évitez de resservir un ami qui manifestement s’apprête à trop boire, où dont vous savez qu’il « ne tient pas l’alcool ».
Ceux qui sont reçus
L’apéritif est sympathique, les vins délicieux, et les digestifs exceptionnels… ce n’est absolument pas une excuse pour en abuser. Autant la gaieté légère et l’entrain que procure un bon repas bien arrosé, sont inséparables de la fête, autant le spectacle de quelqu’un qui a trop bu est gênant, et parfois insupportable.
En matière d’alcool, il n’y a pas d’égalité. Certains « tiennent » mieux que d’autres, « pompette » dès le premier verre. Il faut connaître ses propres limites et s’y tenir fermement. Refuser le verre de trop ou l’alcool trop fort n’est absolument pas un manque de savoir-vivre, au contraire… Même si vous ne devez pas prendre le volant après le repas !
Ceux qui reçoivent
Il s’offre à l’apéritif, au dessert (moins à la mode aujourd’hui) ou tout au long du repas. Il se sert très frais, mais non glacé, dans des flûtes, ou des verres à champagne. Aujourd’hui on dédaigne généralement les coupes qu’adorait la Belle Epoque du début du XXe siècle !
A l’apéritif, on peut y ajouter toutes sortes de liqueurs ou de jus de fruits : pêche, cassis, framboise etc..
Ceux qui sont reçus
Ne l’agitez pas pour éliminer les bulles… Elles font une grand partie de son charme. Et sachez que même les biscuits dits « de champagne » ne doivent pas y être trempés… Sauf, peut-être, si vous célébrez votre centième anniversaire !
Ceux qui reçoivent
Elle est inévitable, et certains sont particulièrement malchanceux dans ce domaine… Inutile de dire que vous ne vous apercevrez pas des dégâts minimes comme les tâches sur la table !
Mais, hélas, il y a plus grave. Si par exemple un invité casse un verre du précieux service hérité de votre grand-mère, ou acheté à prix d’or chez un antiquaire, n’accablez pas le malheureux (ou la malheureuse…) essayez dans la mesure du possible de minimiser l’incident et d’oublier rapidement. Ressasser ne servira à rien, votre service est perdu, et votre soirée risque de l’être aussi !
Ceux qui sont reçus
On ne maîtrise pas toujours ses gestes, et quand la malchance s’en mêle… C’est la bouteille de vin rouge sur la moquette ivoire, ou la précieuses carafe en verre de Venise éclatée sur le carrelage !
Que faire ? d’abord bien sûr s’excuser et présenter ses regrets le plus sincèrement possible, mais aussi ne pas « plomber » l’ambiance en s’accusant interminablement, et en remettant sans cesse l’incident sur le tapis. Vous renouvellerez vos regrets au moment du départ, et le lendemain, vous enverrez des fleurs ou une plante verte avec un mot gentil. Si vous avez brisé ou détérioré un objet de valeur, vous attendrez une occasion, (Noêl, anniversaire, retour de voyage ) pour adresser à vos hôtes un beau cadeau accompagné d’un mot amical.
Le mieux, bien sûr, quand on se sait maladroit (te) est de toujours rester vigilant (te).
